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Et si notre rapport au changement avait une histoire ?

angeliquebetinat
il y a 2 jours
5 min de lecture

Je crois que, finalement, j'ai passé une grande partie de ma vie à accompagner le changement.

D'abord en tant que manager, au fil des transformations organisationnelles, des évolutions de pratiques, des changements de posture. Aujourd'hui, en tant que coach professionnelle, consultante et formatrice, j'accompagne des femmes et des hommes qui traversent, envisagent ou souhaitent provoquer un changement dans leur vie professionnelle.

Des changements choisis, parfois subis. Des changements qui enthousiasment, qui questionnent, qui inquiètent aussi.


Et récemment, je me suis posé une question toute simple : pourquoi certaines personnes semblent-elles accueillir le changement plus facilement que d'autres ?

Est-ce une question de personnalité ? D'éducation ? D'expériences vécues ? Est-ce que le fait d'avoir été régulièrement confronté à des changements nous rend plus aptes à les accueillir ?


Je n'ai pas la prétention d'apporter une réponse scientifique à ces questions. Notre rapport au changement est certainement bien plus complexe que cela.

Mais en y réfléchissant, je me suis surprise à regarder ma propre histoire.


J'ai grandi avec le changement


Enfant, j'ai beaucoup déménagé.

Le travail de mon père nous amenait régulièrement à changer de lieu de vie. Et qui dit déménagement dit nouvelle école, nouveaux enseignants, nouveaux camarades, nouvelles habitudes.

Il m'est même arrivé de fréquenter plusieurs écoles au cours d'une même année scolaire.

Il fallait découvrir un nouvel environnement, comprendre d'autres façons de fonctionner, s'adapter à des programmes parfois différents et, surtout, aller à la rencontre des autres.

Et pourtant, lorsque je repense à cette période, je n'ai pas le souvenir d'avoir vécu ces changements comme quelque chose de particulièrement difficile.

C'était ma vie, tout simplement.

Je ne connaissais pas vraiment autre chose.

Un souvenir me revient néanmoins.

Je devais être en CP. À l'occasion du spectacle de fin d'année, un rôle important devait m'être confié. Finalement, il a été attribué à une autre petite fille, parce qu'il était possible que je ne sois plus dans cette école au moment de la représentation.

Et pourtant, le jour du spectacle, j'étais toujours là.

Je me souviens encore de ce moment. Je me souviens même de la musique.

Étonnant, ce que notre mémoire choisit parfois de conserver.

Avec le recul, je me dis que ce n'était pas tant le changement qui était difficile, mais peut-être, cette fois-là, le fait que l'éventualité de mon départ ait suffi à modifier la place qui m'était accordée.


S'adapter, une capacité qui se construit ?


Aujourd'hui, je constate que j'ai une réelle capacité à m'adapter à de nouveaux environnements, à aller vers les autres, à rebondir lorsque les circonstances l'exigent.

Cela ne signifie pas que tout est facile.

Ma vie, comme celle de beaucoup d'autres, a connu des changements personnels et professionnels, certains choisis, d'autres beaucoup moins. Des moments où il a fallu trouver des ressources, parfois insoupçonnées, pour continuer à avancer.

Et lorsque je regarde le chemin parcouru, je prends conscience de cette capacité à rebondir que j'oublie parfois moi-même.

Alors je m'interroge.

Ai-je développé cette capacité parce que j'ai été habituée très jeune à changer d'environnement ? Ou est-ce aussi ma personnalité qui m'a permis de vivre ces expériences de cette manière ?

Probablement un peu des deux. Et certainement bien d'autres choses encore.


Mais une idée me traverse : et si ce que nous considérons comme une façon naturelle d'être était aussi, en partie, le résultat de ce que la vie nous a appris ?


Et ce que le changement ne nous permet pas toujours de construire…


En poursuivant cette réflexion, j'ai pris conscience d'autre chose.

Je n'ai pas d'amitiés d'enfance.

Je n'ai pas ces souvenirs partagés avec des personnes qui m'auraient connue petite, adolescente, puis adulte. Ces relations qui traversent les années et dans lesquelles chacun connaît une partie de l'histoire de l'autre.

Ce n'est ni une tristesse ni un regret.

Comment regretter quelque chose que l'on n'a pas connu ?

C'est simplement un constat que je fais aujourd'hui.

Et je me demande si cela n'a pas également contribué à façonner ma manière d'être en relation avec les autres.

J'aime les rencontres, les échanges, les conversations profondes. Aller vers les autres ne me semble pas particulièrement difficile, même si cela demande parfois de l'énergie et un peu de courage.

Mais il m'arrive aussi de percevoir un léger décalage dans ma façon d'appréhender certaines relations.

Est-ce lié à mon histoire ? À ma personnalité ? À ma manière de fonctionner ?

Je n'en sais rien.

Et finalement, je n'ai pas nécessairement besoin de le savoir.

Ce qui m'intéresse, c'est de prendre conscience que nos expériences peuvent nous avoir appris certaines choses, tout en nous ayant fait vivre des réalités différentes de celles des autres.


Et si accompagner le changement commençait par comprendre notre rapport à celui-ci ?


Cette réflexion personnelle me ramène naturellement à mon métier.

Lorsque j'accompagne une personne qui envisage une reconversion professionnelle, un manager qui doit faire évoluer sa posture ou une équipe confrontée à une transformation, je mesure combien nous ne sommes pas tous égaux dans notre manière d'appréhender le changement.

Pour certains, il représente une opportunité, une stimulation, un nouvel élan.

Pour d'autres, il vient bousculer des repères, des habitudes, un équilibre parfois construit depuis longtemps.

Et pour une même personne, il peut être enthousiasmant dans un domaine de sa vie et profondément déstabilisant dans un autre.

Je crois de plus en plus qu'accompagner le changement ne consiste pas à convaincre quelqu'un qu'il doit changer, ni même à lui apprendre à s'adapter à tout.

C'est aussi lui permettre de comprendre ce que ce changement représente pour lui, ce qu'il vient questionner, ce qu'il souhaite préserver et ce qu'il est prêt, ou non, à faire évoluer.

Car derrière une résistance apparente au changement, il y a parfois bien autre chose qu'une simple peur de la nouveauté.

Il y a une histoire, des expériences, des besoins, des valeurs, des repères.

Et peut-être aussi une façon de se protéger.


Finalement…


Je suis partie d'une interrogation sur mon métier et me voilà revenue à mon enfance.

Je trouve cela assez étonnant.

Peut-être que mon histoire a contribué à construire cette capacité d'adaptation qui m'accompagne aujourd'hui. Peut-être qu'elle explique aussi, en partie, mon intérêt pour les parcours de vie et les transitions professionnelles.

Ou peut-être est-ce simplement une manière, parmi d'autres, de donner du sens à mon propre cheminement.

Je n'ai pas de certitudes.


Mais cette réflexion me donne envie d'entendre d'autres histoires que la mienne.

Et vous, lorsque vous repensez à votre enfance, à votre parcours et aux changements que vous avez traversés, avez-vous le sentiment que certaines expériences ont façonné votre manière d'accueillir le changement aujourd'hui ?


Je serais sincèrement curieuse de lire vos témoignages.


Je suis Angélique Bétinat, coach professionnelle, consultante en bilan de compétences et formatrice. Avec Alchimie & Management, j'accompagne les particuliers, les managers et les organisations dans leurs questionnements, leurs évolutions et leurs transitions professionnelles.

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